29 janvier 2019 Intervention de Pascale Maret au Collège François Truffaut (Strasbourg). Rencontre d'écrivains 2019 dans l'Académie de Strasbourg (DAAC)

29 janvier 2019

Intervention de Pascale Maret au Collège François Truffaut (Strasbourg). Rencontre d'écrivains 2019 dans l'Académie de Strasbourg (DAAC)
Collège François Truffaut, 67200 Strasbourg

Lecture et rencontre pédagogique autour du thème de l'écriture avec des élèves du collège.


Pascale Maret
Pascale Maret
La véritable histoire d'Harrison Travis
La véritable histoire d'Harrison Travis

 

Les classes de 4e 2 et 4e 3 du Collège François Truffaut rencontrent Pascale Maret, auteure éclectique et s'étant particulièrement distinguée dans le domaine de la littérature de jeunesse. Ses romans parlent de la société contemporaine, laissent une place centrale à des protagonistes jeunes. Ses récits parlent de justice, d'environnement, d'amour, d'amitié et sont en général le fruit de recherches et de voyages dans de nombreux pays.
Certains de ses romans ont reçu un prix littéraire : « Clones en stock », son tout premier livre, a reçu le prix « Goya Découvertes » en 2001, « Esclaves ! » a reçu le prix des enfants du livre au festival du livre de Saint Orens en 2004, « Aventures en Birmanie » a reçu le prix Cino Del Duca.
Les élèves seront invités à dialoguer avec Pascale Maret et à lui poser des questions. Ils présenteront également de nombreuses affiches réalisées à partir de leur lecture d'un roman passionnant : La véritable histoire d’Harrison Travis, hors-la-loi, racontée par lui-même. L'auteur de son côté lira quelques extraits de ses œuvres, présentera des manuscrits et d’autres ouvrages. Elle expliquera quelles sont ses sources d'inspiration, comment un thème s'impose, comment elle travaille et prépare ses nouveaux romans.

‹‹ Pour écrire ce roman, Pascale Maret s’est inspirée d’un fait divers authentique qui s’est déroulé aux Etats-Unis, dans lequel un jeune homme a vécu un parcours de cavale puis a publié son histoire, en en vendant les droits au cinéma.
C’est une aventure bien singulière que celle d’Harrison, ce « mauvais » garçon sympathique malgré ses « emprunts » répétés. Il n’a jamais eu la chance, ou rarement, de rencontrer un adulte qui aurait pu l’aider, l’encourager, le guider. Il a dû se faire tout seul et a fait comme il a pu, porté par une soif d’apprendre qui ne l’a jamais quitté. On suit son histoire avec intérêt. On écoute sa voix lucide, pudique et maladroite parfois et l’on est touché par ce personnage qui va au bout d’une passion. ››

Catherine Gentile


Repères biographiques

Enfance et études
Pascale Maret est née en 1957, dans un village de la haute Ardèche. Ses parents étaient tous les deux instituteurs. Déjà toute jeune, elle aimait les livres et elle raconte être rapidement devenue une « lectrice boulimique ». Elle a grandi à la campagne et se décrit à cet âge comme étant un « garçon manqué ». Bonne élève, elle préférait de loin « les rédactions aux problèmes de maths » ; elle a donc fait des études de littérature, jusqu’à devenir professeur agrégée de lettres.

Famille
Ayant adopté des enfants africains et indiens, elle avoue que les « regarder grandir a souvent été une source d’inspiration pour [ses] romans. »

Voyages
Quand elle était plus jeune, Pascale Maret ne voyageait qu’à travers les livres et aimait tout spécialement ceux qui la dépaysaient. Devenue adulte, elle a eu la chance de vivre dans divers pays : Côte d’ivoire, Argentine, Emirats arabes, Birmanie et Venezuela. Ces séjours ont été riches d’expériences et parfois d’aventures, et ont donné naissance à certains de ses livres.

Travail
Pascale Maret a enseigné le français dans les pays où j’ai vécu, ainsi qu’en France, et c’est pour son seul plaisir qu’elle a commencé à écrire des histoires. A présent, elle se consacre à l’écriture. Elle explique qu’elle n’a pas d’horaires pour travailler, et que c’est souvent la « mauvaise conscience qui [la] pousse à [s’installer] dans [son] bureau ». Elle écrit à la main, dans un grand cahier, car elle aime le « glissement du stylo plume sur le papier » et le côté « travail manuel » de l’écriture.

Citation
« Aujourd'hui, je ne rêve plus d'être une sylphide. C'est sur l'amour que je compte pour me donner des ailes. », in Les Ailes de la sylphide (2013)

 

Œuvre étudiée dans le cadre de la rencontre du mardi 29 janvier 2019
La véritable histoire d’Harrison Travis, hors-la-loi, racontée par lui-même
Thierry Magnier Editeur / Roman
, 2012 (ISBN: 978-2-36474-125-6)


La véritable histoire d'Harrison Travis

 

L'AVIS DE RICOCHET
Harrison Travis, 19 ans, raconte sa courte vie, faite de plaies et de solitude, de cavales et de crash. Car cela n’a pas été rose pour lui, depuis qu’il est né. Une île, Maillico Island, dans la région de Seatle, un terrain très vague, un vieux trailer mal tenu, un père inconnu, une mère alcoolique forte en gueule. Et un gamin de sept ans, livré à lui-même la plupart du temps : Harrison (à cause d’Harrison Ford, l’acteur préféré de sa mère). Alors Harry vadrouille, subit l’école qui ne l’intéresse guère, commence à voler pour manger car le frigo, chez lui, ne contient que de la bière, et pour ce procurer ce dont il a besoin. Après un court séjour dans un centre éducatif dont il s’échappe, Harrison quitte le « foyer familial » pour une vie d’errance dans les îles avoisinantes. Il vit dans des maisons fermées, vole des voitures puis des avions. Car la grande passion d’Harrison, ce sont les avions ; son rêve, prendre les commandes et s’envoler.
Bientôt, ses exploits et crash aéronautiques défraient la chronique via les réseaux sociaux et il est traqué par le FBI. Harrison sait que son temps est compté et que la prison est au bout de ce chemin.

Catherine Gentile

 

Résumé
Roman inspiré de l'histoire vraie d'un garçon qui a vécu seul pendant des mois sur un archipel près de Seattle. A seize ans, Harrison abandonne l'école et choisit la liberté, campant dans la forêt, squattant les villas inoccupées, piquant de quoi se nourrir ou se distraire. Son rêve : s'envoler aux commandes d'un des avions qui font la navette entre l'archipel et le continent. Mais la justice le rattrape, et ses balades se transforment en cavale. Le FBI aux trousses, Harrison se lance dans une fuite en avant à travers l'Ouest américain, à pied, en voiture, en bateau... et même en avion.

© Source Thierry Magnier Editeur.

 

Autres commentaires
Roman inspiré de l’histoire vraie d’un garçon qui a vécu seul pendant des mois sur un archipel près de Seattle. À seize ans, Harrison abandonne l’école et choisit la liberté, campant dans la forêt, squattant les villas inoccupées, piquant de quoi se nourrir ou se distraire.
Son rêve : s’envoler aux commandes d’un des avions qui font la navette entre l’archipel et le continent. Mais la justice le rattrape, et ses balades se transforment en cavale. Le FBI aux trousses, Harrison se lance dans une fuite en avant à travers l’Ouest américain, à pied, en voiture, en bateau… et même en avion.

© Source chapitre.com

 

Extrait (Incipit)

Mon chien
C’est Mike qui me l’avait donné, ce chien. Un soir, il s’est pointé au trailer avec cette boule de poils et il m’a dit : « J’ai comme l’impression que tu aimes bien les animaux, Harry, alors, c’est pour toi. » À l’époque, je le connaissais pas beaucoup, Mike, il venait au trailer de temps en temps et le week-end il sortait ma mère, mais de ce moment, je l’ai trouvé sympa.
Le chiot était super craquant, un mélange de golden retriever et de bâtard, avec des oreilles tombantes, des yeux tendres et un poil plus doux que tout ce que j’avais pu toucher avant. Je l’ai appelé Donut, parce qu’il avait la couleur d’un donut bien doré, et parce que j’adorais les donuts. Je les adore toujours, d’ailleurs.
Bien sûr, ma mère a piqué une crise et elle a incendié Mike : « J’en veux pas de ce foutu clébard ! Tu penses que j’ai du fric à balancer pour nourrir un chien ? Et qu’est-ce que tu te crois permis, d’apporter comme ça un animal chez moi ? J’vais lui flanquer un coup de fusil, voilà ce que j’vais faire ! », etc. Quand ma mère se fout en rogne, ça dure. Mais Mike était un type cool. Il l’a laissée brailler, puis il lui a promis qu’il se chargerait de la bouffe du chien et il est allé chercher un pack de bières dans sa bagnole. Quand elle a vu les bières, ma mère s’est calmée. « Ce gosse, il a personne avec qui jouer, il a dit, Mike, ça lui fera de la compagnie d’avoir un chien. »
Jamais j’avais été aussi content. J’ai installé Donut dans l’épave de la Ford. La Chevrolet aurait été plus confortable mais elle était trop loin du trailer et je voulais pouvoir l’entendre s’il y avait un problème. Et il y a eu un problème. Quand je l’ai enfermé dans la bagnole (en faisant gaffe à laisser un filet d’air, bien sûr), il s’est mis à pleurer comme font les chiens. « M’man, j’ai dit, il a peur tout seul, est-ce qu’il pourrait pas dormir avec moi au début, c’est qu’un chiot ? » Inutile de dire qu’elle a pas voulu, elle était en rogne, à cause du bruit, et elle s’est mise à gueuler : « T’as intérêt à le faire taire, ce foutu chien, sinon ça sera vite réglé ! » Je savais ce qu’elle voulait dire par là. Alors j’ai pris mon sac de couchage et je suis allé dormir dans la Ford. Heureusement, c’était en juillet.

© Source Ricochet-Jeunes.org
Autres extraits : Extraits Harrison Travis [PDF]